Ceillac 2022 Cascades de glace

Publié par Antoine Roquefort le

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      Antoine Roquefort
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      Avec Hugues, nous sommes allés passer quatre nuits à Ceillac faire de la cascade de glace.

      Arrivée le samedi vers 11h30 et dans la foulée, nous nous lançons dans  » Easy Rider  » ,une cascade très étroite ambiance goulotte. Du monde est déjà en progression et nous serons suivis par d’autre cordées. La glace est bonne, les crampons accrochent, seules les broches sont un peu dures à amorcer mais tout se passe très bien.

      Le soir au gite, nous planifions les cascades du bois noir pour le lendemain. Il y a une marche d’approche de deux/trois heures, mais en contrepartie, la promesse d’être peu nombreux sur la cascade de 300m avec 5 ou 6 longueurs. Lever 7h, départ vers 8h pour arriver au départ de la première longueur à 11h30, encas avalé et équipés. Nous sommes seuls et le paysage est superbe, il fait beau, le mauvais temps est prévu le lendemain lundi. Hugues équipe la première longueur et je vois arriver une deuxième cordée qui a fait l’approche à ski. l’ambiance est beaucoup plus sauvage, il n’y a aucun équipement, seuls quelques Abalakov balisent les relais. Nous profitons pleinement de cette ambiance isolée et sauvage. Nous sommes rattrapés par la deuxième cordée en cours d’ascension tandis que les heures passent. Plus tard, nous voyons les autres redescendre, la sortie n’est plus loin. Arrivés en haut, Hugues pense qu’il y a encore une petite longueur et comme il se fait tard et qu’il a tout fait en tête depuis le matin, il m’envoie chercher le dernier relai. Sauf que de dernier relai, il n’y a pas. Je fais donc en tête un petit ressaut pour m’apercevoir que la cascade s’arrête par une cuvette enneigée. Ouch! Il me faut désescalader le petit ressaut. Le jour décline et je peux répondre par l’affirmative à Hugues lorsqu’il me demande si j’ai bien pris ma frontale. Si il y a une leçon que j’ai retenue, c’est bien celle de la frontale en fond de sac. Ça nous sera utile car la sienne est dans le sac resté au pied de la cascade. Nous enchainons les relais sur Abalakov et je garde la frontale pour ne pas me tromper car je ferme la marche aussi à la descente et je suis moins expérimenté que Hugues pour les manips. Il nous reste deux longueurs quand la pénombre s’installe vraiment et c’est Hugues qui prend la frontale pour être certain de ne pas rater le dernier relai. Manque de bol, je l’entends jurer et je vois une lumière éclairer alternativement, la cascade dans tous les sens. Je comprends que maintenant la frontale est au pied de la cascade. Pa grave, il ne reste plus que ce rappel et le suivant et Hugues a trouvé la sortie. Nous sommes maintenant au dernier rappel. Hugues est descendu. Je récupère les dernières broches du relai et vérifie une dernière fois mon reverso avant de  me lancer. Il y a quelque chose qui cloche. Mon reverso est à l’envers. Il faut dire qu’il fait bien sombre maintenant. Pas grave, je me longe sur l’Abalakov, je retourne mon réverso. Sauf qu’il a la bonne idée de rejoindre la frontale sans me demander mon avis. Il commence à y avoir un bon tas de matériel au pied de cette cascade, car je ne l’ai pas dit, mais l’autre cordée a aussi laissé échapper une broche et Hugues s’était débarrassé de son gant droit pour une raison que je n’ai toujours pas saisie. Bref, il me reste à réaliser ma première descente sur demi cabestan. Je vérifie trois fois mon montage et mon Machard et je me lance. Arrivé au dernier ressaut, le plus vertical de toute la cascade, les nuages dégagent un peu la lune et je jette un oeil à mon demi cabestan sur son mousqueton, pour me rendre compte que le brin de corde aval a dévissé par frottement la bague de mon mousqueton. Je peux voir la partie rouge qui indique que ce n’est pas vissé. Re-Ouch! Heureusement, je ne suis pas engagé dans la partie verticale et je peux prendre une position confortable pour résoudre ce désagrément. Pour ceux qui auraient besoin de conseils sur le rappel au demi cabestan, n’hésitez pas à venir me voir, j’ai bien révisé depuis et il y a moyen de faire passer le brin du bas sans qu’il frotte sur la bague du mousqueton. Il est bien 20 heures quand nous plions bagages non sans avoir récupéré la frontale mais pas le réverso. Le gant de Hugues avait été récupéré par l’autre cordée et mis à disposition sur le pont que nous devions emprunter pour le retour. À 21h nous récupérons du réseau afin de prévenir le gite, surtout dans l’espoir qu’ils nous gardent à manger car nous arriverons à 22h.

      Le lendemain, il neige et ça tombe bien, il nous reste un peu de fatigue et des courses à faire.

      Hugues se fait plaisir avec une broche neuve donc parfaitement affutée et moi un réverso.

      Enfin, le dernier jour, nous ferons le  » Y de droite » . l’ambiance est encore complètement différente car nous avons de la neige aux chevilles qui recouvre la glace. Cela a pour conséquence d’avoir rendu la glace « sorbet » avec donc beaucoup d’humidité. Les plantés de piolet et crampons se font souvent au jugé car il est fastidieux de tout nettoyer avant d’avancer. On retrouve les relais sur spits ou sur mélèze jusqu’à la sortie et cette fois nous serons à temps pour boire une bière au soleil.

      Un grand merci à Hugues et au gite « les Baladins » que nous vous recommandons pour la qualité de son accueil et de ses repas.

      https://photos.app.goo.gl/DUP1vdS1fYKXxeWy6

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